La vie malgré tout
Michèle Smolkin

 

Il y eut un jour, puis son lendemain. Confondant Oliver avec un ours, le chasseur avait tiré. C’est
ainsi qu’était mort mon frère, mon ami, mon confident, par un beau jour d’automne dans la forêt
pluviale côtière. Ni inquiet, ni pressé, il cueillait des champignons. Il portait son blouson
d’aviateur en cuir brun, au grand col de mouton retourné. Accroupi, il piqua du nez dans les
feuilles mortes, au milieu de magnifiques chanterelles. D’un jaune doux. Aux corolles délicates.
Encore humides. Sentant bon la mousse et le sous-bois. À peine parsemées d’aiguilles de pin. Et
désormais, de quelques gouttes de sang. Il y eut un jour, puis son lendemain. La balle de cuivre de
130 grains avait percé la peau du vêtement et de son corps, puis sa cage thoracique à gauche de la
colonne vertébrale. Elle avait ensuite pénétré en plein cœur, à la vitesse de 800 mètres par
seconde, et avait tué Oliver sur le coup.

Il y avait un chasseur et il y avait sa proie. Exaspéré par des heures de battue, survolté à l’idée
d’apercevoir enfin l’objet de son désir dans une éclaircie à travers les épinettes, l’autre, le
chasseur, avec sa peur de revenir bredouille exacerbée par l’attente, sa pression artérielle
propulsant son sang à une vitesse record dans ses veines contractées et encombrées par l’abus de
fastfood et le manque d’exercice, l’excitation provoquant presque un arrêt cardiaque, tant
l’anticipation du plaisir de pouvoir enfin tuer l’animal convoité était grande, le doigt crispé sur la
gâchette, l’œil rivé au viseur, tout son corps tendu jusqu’à l’érection, l’autre, le chasseur, n’avait
pas hésité une seconde. Son premier ours!

Mon premier ours…. C’est ce qu’il avait crié en courant vers sa victime. Oliver, mon ami, mon
frère, mon confident. Il voyait déjà la fourrure de son premier ours étalée devant la cheminée en
pierre de son chalet. Il y eut un jour, puis son lendemain. Les anciens du village disent que l’on
se réincarne dans l’animal que l’on chasse et que l’on a tué. Alors lui, ce colon de chasseur,
serait-il réincarné en cueilleur de champignons ou en ours ? Étalerait-il le blouson d’aviateur en
cuir d’Oliver devant sa cheminée en pierre ? Depuis que le tir à la chevrotine était interdit, ce
chasseur abruti avait échangé son vieux fusil contre un Messner Magnum, qui permettait de tirer
de beaucoup plus loin et de mieux atteindre son but, ainsi que l’avait souligné, avec sagacité, la
brochure qui accompagnait l’arme, bien rangée dans sa boite, sur laquelle était imprimé le
drapeau national du pays voisin, et reçue par la poste quelques mois plus tôt : Une létalité
rapide ou quasi immédiate. En dehors de son aspect éthique, cette arme présente plusieurs
autres avantages majeurs, dont la récupération du gibier dans un rayon aussi court que
possible et la préservation de l’intégrité des chiens, des autres chasseurs, ainsi que celle d’éventuels
autres utilisateurs de la Nature, risquant de rencontrer un animal blessé
potentiellement
dangereux, et qui n’étant pas armés, ne pourraient pas se défendre.

Et contre un maudit chasseur qui vous tire dans le dos, vous pouvez vous défendre, vous ?
Oliver, l’éventuel autre utilisateur de la Nature, aurait sans doute préféré affronter un ours blessé
potentiellement dangereux à un poltron de chasseur à la vue basse armé jusqu’aux dents comme
un sniper serbo-croate embusqué, qui allait faire ses courses de l’autre côté de la frontière parce
que c’était moins cher et plus facile, au lieu de faire travailler le commerce de ses compatriotes.
Il aurait peut-être eu une chance d’en réchapper. Il aurait peut-être pu préserver son intégrité de
ramasseur de champignons. Au lieu d’être couché de tout son long, inerte, dans la Nature.

Il y eut un jour, puis son lendemain. Pour nous, ceux qui restaient, c’était le deuxième de
la série noire. Deux frères morts de façon tragique avait-on dit, comme si la mort pouvait être
autre chose que tragique. Le benjamin, puis l’aîné. Mortimer puis Oliver. Disparus l’un après
l’autre à quelques mois d’intervalle. Nous n’avions même pas encore fini notre deuil du premier,
surtout moi, sa veuve, qu’on nous tuait le second. Et bien que mécréants au plus haut point,
cartésiens comme tout un chacun et plutôt sceptiques de nature, nous commencions à nous
demander qui serait le prochain.

Tout avait commencé comme dans un conte de Perrault. Trois frères avaient épousé trois sœurs
venant du même village. Le quatrième frère avait été cherché sa femme à l’étranger. L’étrangère
c’était moi. Cette histoire de frères qui épousent des sœurs de la même localité m’avait tout de
suite fait penser à Lévi-Strauss, bien connu dans la région, et à sa théorie sur l’homogamie.
Mortimer, celui qui allait devenir mon mari et qui avait toujours le mot pour rire malgré son
omniprésente mélancolie, concluait toujours son récit par cette anecdote. Demandant aux Nés-là
de-toute-éternité pourquoi ils choisissaient leurs épouses ailleurs que chez eux, Lévi-Strauss
s’était vu répondre : « Parce qu’on a besoin des beaux-frères pour aller à la chasse ». Boutade ou
réalité, Lévi-Strauss avait abondamment commenté la naissance des guerres entre clans, tribus,
nations constitués de groupes fermés. Alors que les groupes que l’on appelle exogames, ceux où
il est permis d’épouser des femmes venues d’ailleurs, ayant une plus grande compréhension de
l’autre, seraient plus pacifiques. Enfin, c’était la théorie de Lévi-Strauss. Parce que franchement,
je n’étais pas convaincue que ceux qui épousaient des importées comme moi, étaient moins
belliqueux que les autres. Dans ce village, dans cette famille même, la paix était un concept
élastique. Les hostilités se déclenchaient sur une étincelle. Restes de vieux réflexes
communautaires, j’imagine. Quant à moi, ce que je venais chercher ici était encore un mystère.
Toujours est-il, que c’est moi qui avais hérité de beaux-frères – et non pas Mortimer puisque je
suis fille unique – même si nous n’allions jamais à la chasse. La cueillette des champignons,
des airelles et des crosses de fougère occupait la plupart de nos balades en forêt.

Le chasseur avait à peine été réprimandé. Il avait pleurniché devant le juge : « C’était mon
premier ours, vous comprenez… » comme si cela devait justifier son ineptie, apitoyer le magistrat
ou nous consoler. Martin, le plus jeune des frères encore vivants, retenu par Valentin, son aîné,
avait voulu lui sauter dessus et lui envoyer son poing en pleine face. Il lui avait crié : « C’était pas
ton premier ours, crétin, c’était mon frère, Oliver Calvin-Baker. » Tout le monde s’était mis à
s’invectiver. Les chasseurs d’un côté de la salle, les végétariens de l’autre. Valentin, maintenant
toujours Martin de ses bras puissants de coureur des bois, en avait profité pour faire un
réquisitoire contre la chasse à l’ours. Sa voix de Stentor s’était élevée dans la salle d’audience et
avait pris par surprise les uns et les autres, qui l’avaient écouté bouche bée. Le juge avait levé son
marteau et, resté suspendu en l’air, ne l’avait laissé retomber sur son bureau qu’une fois le
discours de Valentin terminé. Sans grande conviction, il avait réclamé un peu d’ordre, sinon il
mettrait tout le monde en prison. Les gendarmes avaient fait semblant de prendre une mine
patibulaire. Mais il était évident que personne n’irait en prison, surtout pas les frères Calvin-
Baker. On s’était cependant calmé dans la salle. Martin et Valentin s’étaient tus et rassis. Le juge
avait sermonné le chasseur. Puis il s’était tourné vers les parents d’Oliver, qui n’avaient pas bougé
depuis le début des audiences. Même quand Martin s’était énervé. Même quand Valentin avait
rugi de sa voix de bronze. Les parents étaient restés immobiles. Deux statues de cire ne lâchant
pas le juge du regard. Il leur avait dit qu’il était désolé, mais que c’était un accident… et la chasse
à l’ours étant autorisée, le fusil ayant été légalement acheté et dûment enregistré, il ne pouvait
rien faire d’autre que de libérer le chasseur, son arme et ses cartouches. Les parents avaient
continué de fixer le juge de leurs yeux bleus glacés. Billes de lune luisant dans les fentes de leur
peau tannée. Le juge avait fini par baisser les siens en bredouillant qu’il n’y pouvait rien tout de
même. Les parents s’étaient levés. Abel avait mis un bras autour d’Hilda et ils étaient sortis
lentement. Lui, grand et sec, sarment prêt à se casser, elle, toute petite et menue, encore plus
courbée en avant que quand elle était entrée. Les chasseurs attendirent à peine qu’ils aient passé
la porte pour se congratuler bruyamment. Martin serrait les poings, prêt à en découdre. Valentin
le tenant toujours par les épaules, l’avait guidé vers la sortie. Je leur emboitais le pas, devancée
par mon gros ventre et suivie par la veuve d’Oliver, soutenue par ses sœurs, les femmes de
Valentin et de Martin, les enfants accrochés en grappes autour d’elles. Pleureuses grecques
muettes au regard violet.

Mortimer, mon défunt mari pilote d’hydravion, avait disparu dans une tempête avec trois
touristes, pêcheurs de saumon, en plein mois d’août. La nouvelle avait fait grand bruit, atteignant
même la capitale, ce qui avait beaucoup énervé le patron de la petite compagnie aérienne qui
employait Mortimer ; les amateurs de pêche au gros étaient des hommes d’affaires bien connus
dans les milieux pétroliers. Le village avait été immédiatement envahi par la presse, les familles,
les officiels, les avocats et les assureurs. Le motel affichait complet. Le maire avait réquisitionné
le gymnase pour y installer des lits de camp qui n’avaient plus servi depuis le jour où, une dizaine
d’années plus tôt, un navire avait été arraisonné par la garde côtière avec à son bord une centaine
de réfugiés de l’autre rive de l’océan. Mortimer aimait voler. Il disait qu’en altitude rien n’avait
plus d’importance. L’enfant que j’attendais n’avait de poids que dans mon ventre. Vu du ciel, le
monde n’était qu’une fourmilière et l’on prenait toute la mesure de son impermanence.

Le cirque avait duré deux semaines, le temps qu’on retrouve les débris de l’hydravion dans la
forêt, à quelques centaines de mètres du rivage. On ne retrouva pas les corps, mais une bouillie
de chairs, de textiles et de débris métalliques mêlée de végétaux. Les spécialistes firent leur
travail et déclarèrent qu’il n’y avait aucun survivant à cet accident provoqué par une météo
exceptionnellement peu clémente en ce milieu d’été. C’était la faute au changement climatique.
Les familles des grands pontes pétroliers venus de l’Est n’en tirèrent aucune conclusion. On
abandonna les recherches et on fit des obsèques symboliques au village. L’oraison funèbre fut
prononcée par le ministre des Pêches et Océans qui n’avait rencontré aucun des défunts de leur
vivant. Il en dit cependant beaucoup de bien et repartit dans son hélicoptère dès la première
pelletée de terre. Les familles des grands pontes pétroliers en firent autant et retournèrent à leurs
entreprises de destruction de la planète.

Le lendemain, Abel et Hilda réunirent dans la forêt ce qu’il restait du clan et posèrent près des
fragments d’acier, une pierre sur laquelle Valentin, l’artiste de la famille, avait gravé le nom de
son frère et les dates de sa courte vie. Chacun raconta un souvenir. Oliver me tint la main tout le
long du chemin du retour.

Mortimer aimait prendre de la hauteur. Quand il ne volait pas, il grimpait aux arbres. L’été,
pendant ses congés, il partait pour la petite île qui barrait le bras de mer, au sud du village. Il
s’installait au sommet d’un cèdre rouge, en bordure de la plage où les orques aimaient venir se
gratter le ventre sur les galets, et n’en descendait plus que pour rentrer au village à la fin de ses
vacances. Il avait élaboré un système pour enregistrer et analyser les conversations des baleines,
avec un micro plongé au milieu de la baie, relié par un fil montant jusqu’à son repaire de
Robinson Crusoé. Je lui apportais des vivres une fois par semaine et passais la nuit avec lui,
dans son arbre, à regarder le chant des cétacés s’inscrire en oscillations rouges, vertes et bleues
sur l’écran de son ordinateur. Soirée romantique à la Mortimer. Ça ou un ciel étoilé, il ne faisait
pas la différence. Normal, les étoiles chantent aussi. Et même les arbres. Il me l’avait appris peu
avant son dernier vol et se promettait de construire, dès l’automne suivant, un engin capable
d’enregistrer le chant des arbres et un autre pour les vibrations des corps célestes. Il imaginait
déjà la symphonie pour astres, conifères et cétacés qu’il pourrait composer et, en y ajoutant les
tonalités d’un feu de cheminée et le babillage de notre nouveau-né, allier les quatre éléments
dans une œuvre profondément humaine. Mortimer avait des rêves d’enfant des bois mélomane.

Nous nous étions rencontrés à l’université. Je débarquais de mon lointain pays pour suivre une
spécialité en ethnomusicologie. Lui, venant de son village où il avait laissé ses parents, ses
frères et ses belles-sœurs, avait longtemps hésité entre musique et mathématiques, ce qui, au
fond, revient au même. Finalement, il avait entrepris le cursus avec double majeure. Nous
nous étions apprivoisés lentement. Je balbutiais à peine sa langue. Il était peu porté aux
épanchements. Les équations à plusieurs inconnues le faisaient frémir de plaisir, le déchiffrage
d’une partition l’excitait plus que le dégrafage d’un soutien-gorge. Je dus m’en accommoder.

Que pouvions-nous faire de diplômes en musicologie ? Une fois nos études terminées, il
décrocha un contrat avec la compagnie privée d’hydravions exclusivement dédiée au transport de
VIP vers un centre de pêche sportive proche de son village, et me ramena chez lui comme une
évidence. Nous étions forcément faits l’un pour l’autre. Hilda et Abel, ainsi que toute la fratrie,
m’avaient accueillie sans surprise. J’avais immédiatement été intégrée dans leur vie, sans subir
aucun interrogatoire. D’où je venais, ce que j’avais laissé dans mon pays lointain, ce qui m’avait
poussée vers ce coin reculé du monde, ne semblait pas les intéresser. Indifférence ou délicatesse ?
Parfois cela me pesait, mais la plupart du temps, cela m’arrangeait. La vie se termine mal en
général, mais on n’est pas obligé de faire la tête sur tout le trajet.

Les habitants du village, en majorité, venaient d’ailleurs aussi. Des naufragés de la vie, des
échoués du bonheur, des rescapés de la normalité, des échappés de l’enfer. Certains fraichement
installés d’autres depuis plusieurs générations. L’arrivée d’une nouvelle-venue n’étonnait
personne. C’était aussi naturel que la naissance d’un enfant. Ici personne n’avait l’arrogance de
ceux qui sont nés quelque part, ni leur attitude méprisante envers les nouveaux venus. On se
coulait en douceur dans la vie du village. Personne ne vous questionnait. Parfois, au détour d’une
conversation, on apprenait que celui-ci avait survécu à un massacre, que celui-là avait perdu
fortune et famille dans une tourmente que la modernité du monde semblait créer plus vite que son
ombre, que cet autre avait un jour pété les plombs et tout abandonné. Des vies en reconstruction.
Des renaissances. Des résistances. Ici, chacun se réinventait, sans regard inquisiteur ni critique
penché au-dessus de son berceau. Tous avaient quelque chose à oublier, pardonner, guérir,
reconstruire. Ou se sentaient trop coupables, trop redevables pour aller enquiquiner les autres.
Enfin, la plupart du temps. Car certains, en proie à quelques vieux démons, avaient parfois la
désagréable envie d’en découdre. Ils prenaient alors n’importe quel prétexte pour se battre. Ce qui
tournait parfois très mal, vu que les armes à feu étaient plus nombreuses que les habitants du petit
village, entouré de la forêt sauvage, où il fallait parfois chasser loin des rues pavées quelque
animal égaré, raton-laveur, wapiti, cougar, ours ou coyote. Il n’était pas rare qu’en en venant aux
mains, on se finissait au fusil. Au matin, on enterrait les morts et on jugeait les coupables.
Presque personne ne les regrettait, mis à part leurs compagnons de beuverie. Ceux qui agissaient
ainsi n’étaient pas particulièrement appréciés. On les craignait un peu, n’allaient-ils pas, un jour
où ils seraient un peu plus sobres que d’ordinaire, au lieu de se battre entre eux, essayer de
prendre le pouvoir, se mettre en tête de tout régenter, décider de contrôler le doux chaos qui
régnait ? Mais, il n’y avait pas grand-chose à y gagner. Rien dans la région qui vaille la peine de
se refuser une bière de plus. Pas de mine d’or, ni de puits de pétrole, plus beaucoup d’arbres
millénaires, rien pour attirer les rapaces. Enfin, rien qu’on n’ait encore découvert.

Une fois encore, au sortir du tribunal, Abel et Hilda convoquèrent dans la forêt ce qu’il restait du
clan. Cette fois, on avait un corps qu’on pouvait enterrer. Mais, pour les Calvin-Baker, il n’était
question ni de cercueil ni de cimetière. Oliver serait couché dans un linceul aux côtés de son frère
dans l’humus de la forêt pluviale côtière, là où leurs corps se mêleraient aux champignons, aux
airelles, aux fougères à crosse de violon, aux mousses soyeuses, aux lichens rugueux, aux arbres
tombés, aux feuilles, branches et débris végétaux en décomposition qui, sous le sombre couvert
arboré composaient l’exubérant tapis forestier. C’était illégal, mais c’est fou ce qu’avec une
douzaine de bières on pouvait obtenir d’un fossoyeur assoiffé. Valentin se chargea de la pierre
qu’il venait de graver au nom d’Oliver avec les dates de sa courte vie. Abel et Martin portèrent le
corps de l’ainé des quatre frères sur un brancard de bambous et de feuillages, confectionné par les
quatre belles-sœurs. Les plus grands des enfants se relayèrent pour creuser un trou entre deux
arbres. La terre était meuble, mais le fouillis de racines, de souches et de débris ligneux, rendait la
tâche difficile. Au bout de leurs efforts, Oliver et Mortimer reposaient côte à côte, en tout cas
symboliquement, dans le même terreau de cette forêt qu’ils avaient tant aimée. Chacun raconta un
souvenir. Je tins la main de Camille, la veuve d’Oliver, tout le long du chemin du retour. En
passant devant la petite source, je ressentis les premières contractions.