Plint et Flint
Sébastien Gaillard

 

Plint et Flint s’épanouissaient à merveille au 59. Sans doute parce que leurs racines se
nourrissaient, dans le pot carré rouge bien irrigué du même riche substrat fertile depuis leur plus
jeune âge, et qu’ils bénéficiaient des soins quotidiens d’un protecteur.

Cinq ans plus tôt, Joseph Charbonneau, Jo, prononcé Djo, pour avoir assisté la dame du deuxième
étage lors de l’attaque cardiaque de son mari avait reçu en cadeau deux minuscules plants de
yuccas elephantipes, identiques, pas plus haut qu’une brosse à dent.

Placé au sud-ouest dans l’angle du salon, le pot carré rouge dans lequel trônaient les deux yuccas,
avait favorisé leur croissance de façon exponentielle.

L’ensemble créait un ornement imposant, et sa somptuosité suscitait l’admiration des visiteurs du
59E. Jo s’en délectait. Il s’adonnait avec plaisir à répondre aux questions sur les secrets de la
beauté des deux yuccas. Selon Jo, sa main à écrire était aussi une main verte. Elle avait un double
pouvoir.

Il se dégageait une atmosphère sereine et reposante dans cette pièce, la plus conviviale de cet
appartement à l’agencement insolite, où des amoncèlements de livres s’élevaient en équilibre
dans les moindres recoins.

Ses jumeaux, comme Jo se plaisait à les appeler, devenaient un prétexte, la formule adéquate,
adaptée à certaines interactions sociales.

« Je dois rentrer m’occuper des jumeaux », disait-il en souriant, avant de quitter ses amis, à qui il
avait distillé les coulisses de ses exploits littéraires, qui se résumaient à un unique roman policier.
Il partait l’air grave et inspiré, comme s’il entendait résonner au loin l’appel de la solitude de
l’écrivain, qui mène aux phrases, aux tournures, à l’adjectif retors qui se joue sous la langue, qui le
pousse à s’abandonner dans le ronronnement de l’écriture. Écrire demande du temps et encore
du temps, et beaucoup de sacrifices. Chez Jo, le rapport écriture/oisiveté penchait du mauvais
côté.

Végétaux privilégiés du 59, cultivés et reconnaissants, les yuccas se régalaient des flatteries à leur
égard, comme Jo, comme tout un chacun.

Plint et Flint étaient bavards et ils ne se reposaient qu’une fois Jo endormi. Leurs conversations
continuelles entrecoupées de plaisanteries, de jeux de mots et de calembours, ponctuées de paris
insensés, de réflexions et d’élucubrations diverses prenaient parfois la forme d’un duo comique.
Plinto et Flinto!

En entrant dans la véranda Plint était le yucca de gauche et par déduction, Flint le yucca de droite.

Plint penchait du côté de la méridienne (mon bureau horizontal, comme disait Jo. Soit il écrivait
l’ordinateur sur les genoux, soit il lisait, dos adossé, jambes tendues) et Flint s’inclinait vers la baie
vitrée coulissante. Il fallait prendre garde de ne pas coincer l’une de ses longues feuilles brillantes,à l’extrémité pointue comme une aiguille, lorsqu’on faisait coulisser la baie pour l’ouvrir ou pour la
fermer.

Leur gémellité n’était pas frappante mais pourtant bien réelle. Les deux yuccas elephantipes, aux
troncs parfaitement similaires, comme un reflet de miroir, de diamètre égal de 7,51 cm, parsemé
de marques, de nœuds et de traces semblables à des scarifications, culminant tous deux à une
hauteur égale de 169 cm, se ressemblaient tant, qu’il eut été vain de tenter de distinguer l’un de
l’autre.

Plint se démarquait par son tempérament calme, sa retenue et son humour pince-sans rire, frôlant
l’humour noir. Préférant l’observation à l’empressement, il ne manquait néanmoins jamais une
occasion de lancer Flint sur la piste d’un délire stupide, ou encore ressassait le passé, digne
représentant autoproclamé des archives bavardes de Joseph Charbonneau.

Doté d’une mémoire prodigieuse, il pouvait se souvenir d’une date et d’un fait précis.

« La dernière fois que Jo a mangé des lasagnes à la maison c’était le mardi 21 juillet 2002, toute la
soirée, Jo, ivre et inspiré, avait affirmé à ses invités hilares qu’il avait des origines italiennes. »

Des personnes présentes lors d’une soirée :
« Vernissage de son premier roman, le 19 octobre 2004, Sara et Thom, les frères Zig-Zag, Emily et
sa sœur, Bertrand et Carole des Editions De sacs et de cordes, Katie son amie journaliste, sans
oublier Marie-Claire, compagne de Jo à l’époque. »

Des paroles prononcées par tel invité. Quelle pièce musicale jouait. La liste des livres lus ou
évoqués dans l’appartement. Personne dans l’entourage de Jo n’aurait été capable de connaître
autant de détails sur ses lectures ou sa vie privée.

Flint était plus spontané dans ses interventions, frisant la maladresse, sans jamais toutefois
tomber dans la grossièreté, son esprit affuté ne l’admettait pas. Toujours aux aguets.

« Tiens, Jo rentre, accompagné! »

Toujours partant pour lancer des paris sur les faits et gestes de Jo et sur tous ses choix, comme ses
lectures à venir, quelle paire de chaussures porterait-il, une douche ou un bain, eau ou bière,
quelle tenue choisirait-il?

« Je te parie que Jo sort sa vieille veste en daim pour sortir ce soir! »

Toujours à commenter le travail de Jo.

« Je te parie qu’après Un privé à Winnipeg, Jo écrira une suite : Un privé à Winnipeg 2! »

Il flairait la moindre occasion de bousculer Plint dans le confort de sa passivité ou pour solliciter de
sa part un nouveau jeu, en quête de défis et de challenges à relever.

Côté rue, Flint se situait à gauche et Plint à droite. Le confort spacieux du pot carré rouge leur
permettait d’observer le trottoir opposé au 59 et la circulation, quand le store intérieur de la baievitrée était suffisamment relevé, en automne et en hiver, sans qu’ils craignent les brulures du
soleil.

Ce spectacle les occupait lors des absences de Jo, qui ne duraient en général que quelques heures.
Ils comptaient les voitures, les motos, le flot des passants :

« Le prochain c’est un homme! », lançait Plint,

« Non. Les deux prochaines, c’est une mère et sa fille », répondait Flint.

Malgré leur esprit malicieux, ils avaient l’un pour l’autre une bienveillance réciproque et l’un avait
mal pour l’autre en cas de blessure.

Plint et Flint s’épanouissaient si bien, privilégiés par les bons soins de leur auteur protecteur, qu’à
la fin du printemps, comme il survient rarement pour des plantes d’intérieur, un miracle se
produisit. Et un désastre s’ensuivit.

Le miracle fut que deux gangues d’un vert très foncé, abritant des fleurs avaient poussé au
sommet des yuccas.

Le désastre prit la forme d’une charmante artiste Costaricaine nommée Anna Da Morales, en
résidence artistique au Centre cultuel, dans le cadre d’un programme d’échanges. Fille d’un grand
éditeur, elle promit à Jo que son père achèterait les droits auprès de sa petite maison d’édition et
traduirait Un privé à Winnipeg en espagnol.

Dès son arrivée, les deux clowns comprirent qu’ils n’allaient plus rire longtemps. Jo, qu’Anna
appelait Joseph, avec un ton qu’elle voulait biblique, partit en quête de boissons dans la cuisine, et
elle entreprit d’ouvrir la baie vitrée pour respirer l’air sur la terrasse. Elle ne remarqua pas qu’elle
venait de coincer une touffe de feuilles du pauvre Flint, qui gémit d’angoisse et de douleur. Après
un rapide coup d’œil sur la rue et les immeubles d’en face, elle rentra et força un peu pour
refermer la baie vitrée, qui en coulissant, libéra quelques feuilles et déchira les autres par la
double pliure.

Cinq feuilles brisées, fibres apparentes, pendaient, comme si une petite tornade de salon était
passée sur la pauvre plante. Elle tira la feuille la plus mal en point la séparant de sa base, et
trophée en main, rejoint Jo affairé dans la cuisine.

« Joseph, tes plantes sont trop proches de la baie vitrée », commença-t-elle.

Plint tenta de trouver les mots capables de réconforter Flint mais en vain, car il gémissait d’une
voix brisée, qu’il n’avait jamais entendue auparavant, empreinte de colère et d’une douleur que
Flint sentit se propager du haut de son tronc, jusqu’au bout de ses radicelles. C’était la première
fois que les plants ressentaient autant de souffrance, et Anna allait faire en sorte, que ce ne fût
pas la dernière.

Embarrassé, Jo expliqua qu’il aurait dû la prévenir et que ça ne serait pas arrivé. Audacieuse et
irrésistible, Anna, lui coupa la parole et sut se faire pardonner en l’entreprenant avec un
empressement fougueux.

Plint et Flint éberlués, s’accommodaient comme ils pouvaient de l’atrocité de cette attaque
soudaine, tandis que les corps des amants se rapprochaient de leur feuillage.

Comme Anna était emportée dans l’insouciance de ses débats avec Jo , son pied frôla les feuilles de
Flint et rencontra une de ses feuilles pointues qui pénétra la chair tendre de la plante de son pied
de quelques millimètres.

Ce qui, comme une bombe à retardement, eut des effets immédiats dans l’ordre suivant :
1. Anna Da Morales poussa un hurlement horrible qui retentit comme si on lui arrachait les
ongles l’un après l’autre.
2. Joseph Charbonneau, après avoir été rejeté par sa partenaire, se retrouva sur le tapis,
pantalon et caleçon baissé, évitant de justesse l’angle de la table basse.
3. Elle saisit son pied d’où perla une gouttelette de sang qui s’écoula sur son pied pâle et
hurla des insultes à n’en plus finir aux yuccas.

On sonna à la porte.

Jo se réajusta aussi vite qu’il put, rassura sa voisine de palier, effrayée par les cris et les
hurlements puis s’empressa d’examiner le pied d’Anna. Elle maugréait toujours contre Jo et
contre ce yucca de malheur.

Si Plint jubilait, Flint était au comble de la joie.

« Avoue que c’est une belle revanche sur cette bouffeuse de tacos », s’exclama-t-il!

Et Plint conclut que c’était une vaillante et téméraire victoire sur l’envahisseuse et que ça méritait
une distinction!

Tandis que Jo en infirmier, à genoux, compresse et désinfectant en mains, nettoyait les deux
minuscules gouttes de sang sous son pied, Anna fixait Flint, le regard haineux et les dents serrées.

Peu impressionné, Flint la défiait.

« À la moindre occasion ma petite, je t’enfonce une pointe dans le postérieur! »

Les yuccas, non violents, pacifistes, jamais enclins à la violence, défendaient malgré tout leur
territoire. La guerre était déclarée. La riposte de l’envahisseuse ne tarda pas.

Le lendemain, dans l’après-midi, Anna prétexta que sa plante de pied était trop douloureuse, et
qu’itelle préférait ne pas accompagner Jo en balade.

Il sortit seul et Anna mena une opération commando, rapide et efficace. Munie d’une grosse paire
de ciseaux et de la poubelle de la salle de-bain, elle coupa toutes les pointes des feuilles des
yuccas.

Les morceaux tombèrent dans la poubelle comme des têtes dans une corbeille de guillotine. Un
coup sec et glacial de ciseaux entamant la peau, déchirant la chair et broyant les fibres, dans un
éclair métallique, juteux de sève découverte. À plusieurs reprises, elle dut essuyer les lames des
ciseaux trempées par le carnage du champ de bataille, avec des essuiet-tout.

« Ahora ya no me harás enfadar, pedazo de mierda! »
« Maintenant, vous me ferez plus chier, tas de merde ! »

Elle rangea le tout, ferma le sac poubelle et attendit Jo, sur le canapé sous une couverture, dans
une tenue minimaliste.

Au-delà de la souffrance que Plint et Flint endurèrent, l’attitude de Jo les abasourdit. Il ne les vit
même pas en entrant, il se jeta sur Anna, ébloui par ses pulsions.

Ce ne fut qu’après leurs ébats, une fois revenu au salon qu’il constata le carnage. Mais une fois de
plus, Anna sut faire vibrer une corde sensible chez Jo, non pas celle de ses charmes, mais celle de
son papa éditeur.

Devant la coupe de ses yuccas, réduit à un tronc droit, orné de courtes feuilles rectangulaires, Jo
haussa pour la première fois le ton dans leur relation. Elle s’excusa platement, et proposa de
quitter l’appartement, mais Jo la retint. Elle en profita pour lui expliquer, sur le ton d’une petite
fille qui plaide l’injustice, qu’un producteur de cinéma, grand ami de son père, souhaitait adapter
Un privé à Winnipeg au cinéma.

Jo pardonna une Anna confondue en excuses et minimisa l’incident. Il oublia ses jumeaux
dévastés, en se disant que les feuilles repousseraient et qu’il prendrait soin de les fortifier, contre
la vision soudaine d’une assemblée de journalistes : « Mi nombre es Jo y escribo » et Anna de
rectifier de son bel accent espagnol passionné « No tu nombre es Joseph y eres un gran escritor ! »
(Non tu t’appelles Joseph et tu es grand auteur)

Privés de leur envergure à cause de leurs feuilles raccourcies et dépossédés de leur large champ
de vision, Plint et Flint encaissèrent l’assaut, impuissants devant l’envahisseur, qui avaient envouté
leur protecteur.

Flint n’avait pas parlé depuis trois jours et Plint s’inquiétait.

« ADM ! Anna Da Morales, Arme de Destruction Massive », lança-t-il un matin, ce qui ne manqua
pas d’amuser Plint et leur permit à tous deux de retrouver progressivement un semblant de bonne
humeur.

Leurs nouvelles plaisanteries étaient plus sombres, teintées d’amertume ou de cynisme, difficile
de pardonner à l’Arme de Destruction Massive.

Certaines de leurs feuilles jaunissaient, laissant place à de petites nouvelles plus claires, plus
fougueuses, d’autres cicatrisaient. La vie et l’espoir regagnaient du terrain.

L’été fut caniculaire. Jo laissait la lumière du matin et le peu de fraîcheur entrer par la porte de la
baie vitrée, puis il descendait le store et contrôlait le climatiseur de l’appartement.

Il transmit les consignes à Anna et partit honorer sa première invitation au Salon du livre de l’Est—
qui plaçait le roman policier à l’honneur — où il espérait dédicacer quelques ouvrages, avant la
future traduction en espagnol, qui se faisait attendre.

« Ça ne présage rien de bon, estima Flint. Si Jo nous laisse aux bons soins de l’Arme de Destruction
Massive, je ne donne pas cher de nos troncs. »

Vexée de ne pas pouvoir accompagner Joseph au Salon du livre, faute de moyens financiers,
malgré la soi-disant richesse de son père, Anna décida qu’elle s’ennuyait et alla dormir chez une
autre stagiaire du centre culturel, qui disposait d’une piscine pour les locataires. Elle quitta
l’appartement en emportant ses affaires et laissa le store relevé, exposant les deux yuccas à la
fureur torride des rayons d’un soleil ravageur.

Le premier jour, Plint et Flint tentèrent de limiter leur consommation d’humidité. Conscients que
la situation était grave, il leur fallait économiser leurs forces et tenter de résister dans l’attente
d’un prompt retour de Jo.

Non seulement l’exposition prolongée à la chaleur cuisante asséchait la terre du pot carré rouge,
mais elle affectait aussi leurs feuilles et le cœur de leurs troncs.

Jamais ils n’avaient ressenti une telle torture ni une pareille appréhension, cette crainte
inéluctable : l’angoisse de disparaître.

L’air climatisé cessa de fonctionner le deuxième jour, ce qui éleva considérablement la
température dans l’appartement. Ils avaient de plus en plus de mal à trouver la force de
s’exprimer et parfois leurs conversations s’espaçaient, coupées par de longs silences, et
devenaient trop confuses.

Au début du troisième jour, Flint déclara qu’il fallait que l’un deux se sacrifie. Leur terre était plus
sèche que du sable. Leurs feuilles n’avaient pas supporté la force dévastatrice du soleil et leurs
troncs s’étaient ramollis.

Mais Plint ne voulut rien entendre. Ils avaient résisté à pire fléau (même si c’était faux) et Jo allait
bientôt revenir. C’était une question d’heures, de minutes peut-être. Il motiva Flint en lui parlant
de leurs fabuleux souvenirs et de toutes les aventures qu’ils allaient vivre ensemble. Il s’épuisa
tant à soutenir Flint, qu’il ne se rendit pas compte qu’il était lui-même parvenu au bout de ses
forces, au-delà de ses propres réserves.

Les poils absorbants de la zone pilifère de leurs racines ne trouvaient plus trace d’humidité. Leurs
radicelles ne tiendraient plus longtemps. Leurs troncs ne ressentaient plus la vie les traverser.

Ce fut Plint qui abandonna le premier. Non pas par manque de courage, mais il estima que la vie
de son frère jumeau importait plus que la sienne. Il laissa la vie le quitter, ayant pris soin
d’adresser, étranglé par la tristesse et la douleur, une dernière pensée à Flint.

Lorsqu’il reprit ses pensées, Flint sentit l’absence de vie parmi leurs racines entremêlées. Plint
s’était sacrifié pour lui, pour éviter qu’ils ne s’éteignent tous les deux, pour lui laisser un espoir
supplémentaire de vivre, une chance ultime de survie.

Jo arriva trop tard. Il abaissa le store et un jet de larmes jaillit, qu’il ne pût retenir. Il déversa tant
d’eau qui fit des bulles en pénétrant la terre brulante de Flint, que la réserve d’eau du pot carré
rouge déborda, jusque sur le tapis.

Flint ressentit une sensation d’humidité à travers ses racines meurtries puis la vie s’écoula dans
son tronc et un courant frémit dans ses feuilles. Il décela la présence de Jo et l’absence de Plint.

Jo, à genoux devant ses plantes, pleura en gémissant d’une douleur mêlée de dégout contre lui-
même.

Ebloui par les paroles enjôleuses d’Anna, il avait sacrifié ses jumeaux au nom d’un hypothétique
succès. Il se sentait médiocre, vide d’amour et de compassion.

Il se souvint du jour où il avait sauvé le monsieur du deuxième étage et lorsque sa femme lui avait
apporté les deux yuccas, fraichement bouturés.

Ces plantes avaient veillé sur lui durant l’écriture d’Un privé à Winnipeg et elles lui avaient porté
chance. Comment avait-il pu être si narcissique et avide de gloire ?

Avec dignité il se repentit en veillant sur Flint, en écrivant de longues heures et boutura
rapidement un second plant, qui rejoignit Flint. Plint eut un double effet, grâce à son double
pouvoir de résilience et de dédoublement.

Quelques mois plus tard, la suite d’Un privé à Winnipeg parut sous le titre Un privé à Winnipeg 2.
Malgré la banalité du titre, le polar fut un succès et mena Jo à envisager une nouvelle aventure de
son détective privé dans un tome 3.

« Tu vois Flint, je te l’avais parié. Il l’a écrit sa suite. »

« Je te rappelle que ce n’est pas une suite, mais une nouvelle aventure », répondit le jeune Plint,
vif et fringuant.